Et 1, et 2, et 1, 2, 3… 10 ans déjà que la licence Rhythm Tengoku, ou Rhythm Paradise chez nous, a imposé son silence. Après avoir fait longtemps l’impasse sur la première console hybride de la firme de Kyoto, elle s’apprête enfin à faire un retour tonitruant sur Nintendo Switch 2 avec Rhythm Paradise Groove.
Quand on dit que Nintendo ravive toutes ses licences pour sa nouvelle console, ce n’est pas peu dire. Entre les Star Fox et autres Zelda Ocarina of Time Remake, une licence encore méconnue chez nous va pourtant revenir sur le devant de la piste après une décennie d’absence. Rhythm Paradise Groove, le futur jeu de rythme de la marque rouge, promet de jouer une partition encore plus riche, toujours avec le soutien du label de J-pop TNX. Nous avons justement pu le tester avant sa sortie le 2 juillet sur Nintendo Switch, en rétrocompatibilité sur la Switch 2. On peut déjà dire que ce nouvel épisode pourrait être plus entêtant que jamais.
En avant la musique avec un nombre de mini-jeux records
Rhythm Paradise, c’est un peu le Wario Ware des jeux de rythme. C’est pourquoi chaque nouvel épisode doit parvenir à proposer un nombre de mini-jeux suffisamment nouveau pour se démarquer des précédents. Jusqu’ici, la licence s’en sort plutôt bien, gonflant son roster d’idées rafraîchissantes et même de nouveaux modes. À l’occasion de notre preview de Rhythm Paradise Groove, on a pu avoir un aperçu concret de plusieurs mini-jeux déjà assez différents les uns des autres pour nous dire que la diversité devrait bien être au rendez-vous, avec déjà 80 mini-jeux solo annoncés et 30 autres en multijoueur. 120 au total donc, un record pour la série.
Mais la quantité ne fait pas tout. C’est en se faisant la main sur les premiers mini-jeux solo de Rhythm Paradise Groove qu’on a pu se rendre compte que les propositions étaient assez différentes malgré leur minimalisme pour offrir des challenges variés. À l’aide d’une ou deux touches, on réagit en rythme pour effectuer une action selon la situation (sauter, ouvrir ou fermer un parapluie, couper des légumes…). C’est là qu’on voit dans quelles circonstances on parvient à avoir le timing idéal, le jeu nous surprenant souvent avec des variations inattendues dans la musique ou en cachant momentanément ce qu’il se passe à l’écran. C’est ce genre de détails qui rend l’expérience aussi sympa et casse la monotonie. Sans compter le retour des niveaux “Remix”, qui mélange plusieurs jeux en un seul pour relever encore le défi.

Heureusement, avant de se lancer, on a droit à un petit tour d’essai pour s’échauffer. Mais Rhythm Paradise Groove cache justement ces moments de surprise pour préserver tout ce qui fait le sel du challenge. Même si on reste sur des mini-jeux relativement simples, le côté arcade du gameplay donne envie de recommencer pour faire un meilleur score. Pas sûr qu’on y passera des heures pour autant, mais cette première prise en main nous a fait une bonne impression, de même pour ce qui est du multijoueur.
Rhythm Paradise Groove en duo, en trio ou en quatuor
Un bon jeu Nintendo est souvent un jeu qui se partage. Rhythm Paradise Groove ne fait pas exception, proposant un mode multijoueur comme c’était déjà le cas dans les épisodes Beat the Beat et Megamix. Histoire de varier les plaisirs, on peut ainsi jouer jusqu’à 4 en local à des mini-jeux exclusifs à ce mode. C’est comme ça qu’on voit que les équipes ont de l’imagination pour trouver d’autres manières d’aborder le rythme, car si les deux jeux qu’on a pu essayer se ressemblaient dans leur intention, ce qu’ils demandaient comme exécution n’avait rien à voir avec ceux testés juste avant. C’est un peu dommage car on aurait aimé pouvoir essayer certains jeux solo à plusieurs, mais au moins on se dit qu’on se lassera bien moins vite comme ça.
Mais ce qui nous a vraiment surpris, c’est que le challenge a l’air finalement plus relevé en multijoueur. Et pour cause, là où les jeux solo nous faisaient jouer en rythme sur tout un morceau, là il s’agit plutôt d’attendre le signal pour appuyer une fois au moment parfait. Ça demande d’être encore plus attentif pour avoir le bon timing et on peut vous dire que ce n’est pas aussi évident qu’on le croit. En même temps, c’est ce qui rend l’expérience si sympa quand on s’oppose entre joueurs pour savoir qui sera celui qui sera le plus synchronisé. On rage de voir son concurrent nous battre de 0,1 seconde autant qu’on rit avec celui qui n’est pas tout à fait dans le coup (même si c’est probablement moins amusant pour lui).
En revanche, si tout le monde a une coordination un peu aléatoire, ça peut devenir frustrant. Autant, s’affronter pour savoir qui aura la part du gâteau dans un des mini-jeux ne semble pas spécialement sanctionner les légers retards ou avances. Cependant, on a pu essayer un mini-jeu coopératif nous plaçant dans la peau de ninjas. On s’est vite rendu compte que rater son coup pénalise vite tout le groupe. On ignore encore si le mode multijoueur bénéficie d’un vrai tuto, mais ce ne serait pas un mal pour au moins espérer pouvoir avancer sans se casser la tête sur ce genre de propositions.

Le mode RPG Beatspell pourrait être la bonne surprise de Rhythm Paradise Groove
Nintendo a bien compris que les modes annexes pouvaient apporter un vrai plus à sa licence. Alors que Rhythm Paradise Megamix disposait d’un mode Histoire solo, Rhythm Paradise Groove offre cette fois un mode RPG, “Beatspell”, pour offrir encore une expérience différente. On y incarne un personnage ayant perdu la mémoire et devant réapprendre des techniques magiques pour battre une suite d’ennemis sur plusieurs niveaux. Là encore, avec seulement quelques touches, le jeu repense l’approche du rythme pour nous faire exécuter des combos. Mais attention, si ça paraît très simple au départ, l’ajout de nouveaux sorts commence à compliquer la donne et à nous faire perdre le rythme. C’est encore une fois un autre genre de challenge, qui change vraiment des autres-mini-jeux.

On a qu’une inquiétude pour le mode Beatspell, c’est qu’il soit trop court. De ce qu’on a pu apercevoir, il semble qu’il n’y ait que 4 chapitres, chacun découpé en plusieurs niveaux. Or, à l’exception des boss des premiers chapitres, le défi ne nous a pas posé de difficulté spéciale. On ne serait pas étonné que le RPG de Rhythm Paradise Groove s’avale en à peine 1 heure, alors que le potentiel mériterait vraiment d’être plus exploité, ne serait-ce que pour attirer un public qui ne serait pas friand de jeux casu et cosy, surtout avec une esthétique aussi absurde.
Un ADN délirant toujours respecté sur Nintendo Switch
Après Tomodachi Life : Une vie de rêve, Rhythm Paradise Groove est un peu l’autre licence atypique à faire son entrée sur Nintendo Switch cette année. Tout comme la simulation de vie, Nintendo n’a pas peur de proposer un univers détonnant, dans un style dessiné qui collerait parfaitement à un manga humoristique. En même temps, les mini-jeux eux-mêmes sont plein d’humour, autant dans la mise en scène que les personnages imaginés. Pas étonnant que le jeu sorte au début de l’été, c’est complètement le genre d’expérience légère et décomplexée qu’on attend pour les vacances.
D’autant plus que ce nouvel épisode déroule encore une fois des thèmes musicaux entêtants qui vont rythmer notre été à coup sûr. Même si nous n’en avons eu qu’un échantillon à travers la dizaine de mini-jeux essayés, on a déjà des thèmes qui nous ont marqués et qu’on n’oublie pas (« Crudités découpées », c’est de toi qu’on parle). Pop, catchy, énergique, on n’en attend pas mieux de la bande-son de Rhythm Paradise Groove.

On attend Rhythm Paradise Groove… avec un battement à 120 par minute
Rhythm Paradise Groove s’annonce comme un retour en fanfare pour cette licence en hiatus depuis 10 ans. Avec un roster de mini-jeux grandissant, un mode multijoueur plus nerveux et un mode RPG qui nous a agréablement surpris, on ressort enchantés de cette première prise en main. Toutefois, c’est véritablement avec le jeu complet qu’on pourra se rendre compte de la diversité de cet épisode. Si son esprit festif et arcade a tout pour plaire à l’approche de l’été, il en faudra plus pour nous prouver que l’expérience ne sera pas aussi répétitive qu’on le craint.